Comment créer un fichier SRT : à la main, depuis une vidéo ou depuis l’audio
Comment créer un fichier SRT : tapez-le dans le Bloc-notes ou TextEdit, minutez-le dans un éditeur ou générez-le depuis l’audio, puis enregistrez-le en UTF-8.
Pour créer un fichier SRT, écrivez des blocs de sous-titres numérotés — un numéro, un code temporel de début et de fin, le texte, une ligne vide — dans un éditeur de texte brut, puis enregistrez-le en UTF-8 avec l’extension .srt. La saisie à la main suffit pour une courte vidéo. Au-delà, générez le fichier à partir de l’audio et corrigez-le.
La suite présente quatre façons d’en créer un, les pièges de la boîte de dialogue d’enregistrement sous Windows et Mac, la manière de vérifier un fichier avant de l’envoyer, et comment en faire un par langue.
Que contient un fichier SRT ?
Un fichier SRT est du texte brut, et deux blocs suffisent à montrer tout le format :
1
00:00:01,200 --> 00:00:04,000
Welcome back to the channel.
2
00:00:04,400 --> 00:00:07,850
Today we're fixing the audio
before anything else.
Quatre règles couvrent presque tous les fichiers qui fonctionnent :
- Les blocs sont numérotés à partir de 1, dans l’ordre. Le numéro occupe sa propre ligne.
- Les horodatages s’écrivent en heures, minutes, secondes et millisecondes, avec une virgule.
00:00:04,400— la virgule est celle du SRT, le point est celui du WebVTT. Le début et la fin sont reliés par-->, avec des espaces de chaque côté. - Le texte tient sur une ou deux lignes. Environ 42 caractères par ligne, c’est le plafond habituel pour les écritures latines, et bien moins pour le japonais ou le coréen ; le guide de la vitesse de lecture donne les chiffres par langue.
- Une ligne vide termine le bloc. Sans elle, le bloc suivant se confond avec celui-ci.
La plus grande partie de la mise en forme ne survit pas dans un SRT. La page d’aide de YouTube est catégorique à ce sujet : seules les versions de base sont prises en charge, aucune balise de style n’est reconnue et le fichier doit être en texte brut UTF-8. Si vous avez besoin de polices, de couleurs ou de positions, il vous faut un autre format — SRT, VTT et ASS explique ce que chacun peut porter.
Quatre façons de créer un fichier SRT
- À la main, dans un éditeur de texte — gratuit et suffisant pour une courte vidéo, lent pour tout ce qui est long.
- Dans un éditeur de sous-titres — gratuit, avec une forme d’onde pour régler les minutages avec précision.
- Généré à partir de l’audio — la reconnaissance vocale écrit le texte et les minutages, et vous les corrigez.
- Exporté depuis votre éditeur vidéo — quand les sous-titres existent déjà dans Premiere Pro ou DaVinci Resolve.
Méthode 1 : saisir le fichier dans le Bloc-notes ou TextEdit
N’importe quel éditeur de texte brut convient. Ce qui pose problème, c’est l’enregistrement.
Sous Windows, avec le Bloc-notes :
- Saisissez les blocs dans le format ci-dessus.
- Choisissez Fichier → Enregistrer sous.
- Dans la liste Type, choisissez Tous les fichiers et nommez le fichier
subtitles.srt. - Dans la liste Encodage, choisissez UTF-8, puis enregistrez.
Si le type reste sur Fichiers texte, le Bloc-notes peut enregistrer subtitles.srt.txt à la place. L’Explorateur de fichiers masque par défaut les extensions connues : le fichier a l’air correct et refuse pourtant de se charger. Activez une fois pour toutes l’affichage des extensions de nom de fichier dans le menu d’affichage de l’Explorateur de fichiers, et cette erreur restera visible pour de bon.
Sur Mac, avec TextEdit :
- Ouvrez un nouveau document et choisissez Format → Convertir au format Texte avant de taper. Un document TextEdit par défaut est en texte enrichi, et un fichier en texte enrichi renommé en
.srtest plein de codes de mise en forme qu’aucun lecteur ne sait lire. - Saisissez les blocs.
- Choisissez Fichier → Enregistrer, nommez le fichier
subtitles.srtet réglez l’encodage sur Unicode (UTF-8). Si TextEdit demande s’il faut utiliser.srtou.txt, gardez.srt. - Dans le Finder, vérifiez que le nom se termine bien par
.srt. Finder → Réglages → Options avancées → Afficher toutes les extensions de fichier rend cela visible.
La saisie à la main convient pour une vidéo de 30 secondes ou une correction rapide. Pour une interview de dix minutes, cela veut dire des centaines d’horodatages relevés sur un lecteur, et les deux méthodes suivantes existent précisément pour cela.
Méthode 2 : caler le minutage sur la forme d’onde dans Subtitle Edit
Subtitle Edit est gratuit et open source, tourne sous Windows, macOS et Linux, et il est conçu pour ce travail. La page de téléchargement de Subtitle Edit propose toutes les versions. Ouvrez la vidéo : une forme d’onde de l’audio apparaît sous le lecteur. Saisissez une ligne, repérez où elle commence et où elle finit d’après la parole visible sur la forme d’onde, puis passez à la suivante. L’enregistrement au format SubRip produit un .srt valide, numéroté et avec les bonnes virgules, si bien que les règles de format vues plus haut ne sont plus votre problème.
Le minutage reste manuel, mais bien plus rapide que de relever les heures sur une horloge. Subtitle Edit peut aussi générer le texte avec Whisper depuis son menu de reconnaissance vocale ; le comparatif des générateurs de sous-titres hors ligne détaille cet aspect.
Méthode 3 : générer le fichier à partir de la vidéo ou de l’audio
La reconnaissance vocale écrit le texte et les minutages en une seule passe, et votre travail consiste dès lors à corriger plutôt qu’à saisir. Whisper le fait sur votre propre ordinateur, donc rien n’est envoyé, et il accepte aussi bien les fichiers vidéo qu’audio. Les générateurs en ligne font le même travail une fois le fichier envoyé.
Avec l’outil en ligne de commande Whisper (gratuit, nécessite Python et FFmpeg) :
whisper interview.mp4 --model turbo --output_format srt
Cela écrit interview.srt dans le dossier courant. Ajoutez --language es, ou le code de la langue réellement parlée, si la détection se trompe.
Avec une application de bureau : dans Sablate, déposez le fichier vidéo ou audio, transcrivez-le, corrigez le texte dans l’éditeur — qui signale les répliques qui se lisent trop vite — et choisissez Export → Subtitle file (.srt). La formule gratuite accepte des fichiers jusqu’à 10 minutes, trois par mois, avec les modèles Whisper Fast et Balanced, et ajoute une courte ligne « Made with Sablate » à la fin de chaque .srt exporté. Pro coûte $29 une seule fois : toute durée, tous les modèles, aucune ligne de crédit.
Dans les deux cas, relisez le fichier avant de le livrer. Les transcriptions automatiques se trompent à des endroits prévisibles — les noms, les chiffres, la ponctuation — et Whisper a deux manies plus étranges : écrire une phrase comme « Thank you for watching » sur un silence, et répéter une même ligne de nombreuses fois. Pourquoi Whisper répète des lignes et invente du texte explique comment prévenir les deux.
Méthode 4 : exporter le fichier depuis votre éditeur vidéo
Si les sous-titres existent déjà dans votre éditeur, exportez-les plutôt que de les ressaisir :
- Premiere Pro : avec une piste de sous-titres sur la timeline, choisissez File → Export → Captions et sélectionnez SRT. Le menu du panneau de sous-titres propose aussi Export to SRT file.
- DaVinci Resolve : choisissez File → Export Subtitle et sélectionnez
.srtou.vtt, ou faites un clic droit sur l’en-tête de la piste de sous-titres et choisissez Export Subtitle.
Créer les sous-titres dans l’éditeur est une autre question. La reconnaissance vocale de Premiere est incluse dans son abonnement ; celle de Resolve est réservée à Studio, et la voie de la version gratuite importe un .srt fait ailleurs.
Pourquoi mon fichier SRT ne se charge-t-il pas ?
Le plus souvent pour l’une de ces cinq raisons, et les cinq se voient dans un éditeur de texte brut :
- Il s’appelle en réalité
subtitles.srt.txt. Windows et macOS masquent par défaut les extensions connues. Affichez les extensions et renommez le fichier. - Il a été enregistré en texte enrichi. Ouvert dans un éditeur de texte brut, un fichier en texte enrichi commence par des codes de contrôle RTF au lieu du numéro 1. Repartez d’un document en texte brut.
- Il n’est pas en UTF-8. Les lettres accentuées se transforment en symboles illisibles, ou l’envoi est refusé ; YouTube exige du texte brut UTF-8. Réenregistrez le fichier en sélectionnant UTF-8.
- Un horodatage utilise un point.
00:00:04.400est de la syntaxe WebVTT. Certains lecteurs le tolèrent, d’autres ignorent le bloc ou rejettent le fichier. - Il manque une ligne vide. Le numéro et le code temporel du bloc suivant sont lus comme du texte de sous-titre, et ce bloc disparaît.
Sous macOS et Linux, deux commandes détectent les problèmes que l’on ne voit pas :
file subtitles.srt
grep -nE "[0-9]{2}:[0-9]{2}:[0-9]{2}\.[0-9]{3}" subtitles.srt
file indique l’encodage : UTF-8 ou ASCII simple convient, et tout ce qui mentionne ISO-8859 ou extended-ASCII doit être réenregistré. La ligne grep affiche chaque horodatage écrit avec un point. Sous Windows, le Bloc-notes affiche l’encodage dans sa barre d’état. Pour un fichier traduit, comptez aussi ses blocs par rapport à l’original — le guide de traduction des SRT donne cette commande d’une ligne.
Créer des fichiers SRT en plusieurs langues
Chaque langue est un fichier distinct, avec les mêmes minutages. Il n’existe pas de SRT multilingue : YouTube prend un envoi par langue, et les serveurs multimédias lisent la langue dans le nom du fichier. Plex, par exemple, documente cette règle :
Interview (2026).mp4
Interview (2026).en.srt
Interview (2026).es.srt
Interview (2026).de.srt
Le code placé avant .srt est un code ISO 639-1 à deux lettres ou un code ISO 639-2/B à trois lettres.
Gardez un seul jeu de minutages pour toutes les langues. Corrigez d’abord la première transcription, puis traduisez son texte sur ces mêmes minutages au lieu de générer chaque langue séparément à partir de l’audio : des passes séparées produisent des limites de répliques qui divergent, et chaque correctif de synchronisation doit alors être fait une fois par langue. Le flux de travail multilingue détaille l’ordre à suivre. Dans Sablate, une traduction est une couche sur les minutages d’origine, et l’export All languages · Subtitles de Pro écrit chaque langue dans son propre .srt, dans un même dossier.
Quelle méthode choisir ?
| À la main | Subtitle Edit | Whisper CLI | Sablate | Export de l’éditeur | |
|---|---|---|---|---|---|
| Prix | Gratuit | Gratuit, open source | Gratuit, open source | Formule gratuite ; Pro $29 en une fois | Inclus avec l’éditeur |
| Écrit les minutages à votre place | Non | Avec ses moteurs Whisper | Oui | Oui | Seulement si l’éditeur a transcrit |
| La vidéo reste sur votre ordinateur | Oui | Oui | Oui | Oui | Selon l’éditeur |
| Éditeur de correction | Votre éditeur de texte | Oui | Non | Oui | Oui |
| Autres langues | À saisir vous-même | Traduction automatique intégrée | Vers l’anglais uniquement | Couches de traduction sur les mêmes minutages | Selon l’éditeur |
| Plateformes | Toutes | Windows, Mac, Linux | Windows, Mac, Linux | Windows et Mac | Selon l’éditeur |
« C’est une vidéo de 20 secondes. » Saisissez-le. Cinq minutes dans le Bloc-notes ou TextEdit, et les quatre règles ci-dessus suffisent.
« Je veux minuter chaque réplique à la main, avec précision. » Subtitle Edit et sa forme d’onde.
« J’ai une heure d’interview. » Générez-le : la ligne de commande de Whisper si vous êtes à l’aise avec elle, Sablate si vous voulez un éditeur et un contrôle de la vitesse de lecture avant l’export. Corrigez ensuite le résultat.
« Les sous-titres existent déjà dans mon éditeur. » Exportez-les. Ne ressaisissez jamais ce qu’un programme a déjà minuté.
« Il me le faut en cinq langues. » Générez et corrigez une version, puis traduisez sur les mêmes minutages, un fichier par langue.
Le SRT est le format de sous-titres le plus simple qui soit, et c’est pour cela qu’il casse pour des raisons simples : une extension masquée, du texte enrichi, le mauvais encodage, un point là où il faut une virgule. Réglez ces points, et n’importe laquelle des quatre méthodes produit un fichier que toutes les plateformes lisent. Si vous préférez corriger une transcription plutôt que d’en saisir une, téléchargez Sablate pour Windows ou Mac et créez le fichier à partir de l’audio.